ARTICLE DU JOURNAL
15/8/2009
Nul n’est prophète en son pays...
La Fédération algérienne de football a procédé, ce mercredi, au recrutement de M. Abdelhak Bencheikha comme entraîneur des équipes nationales " A' " et des U23, avec l'objectif la qualification de la première à la phase finale du Championnat d'Afrique des Nations qui aura lieu au Soudan en 2011, et la qualification de la seconde aux Jeux Olympiques de Londres en 2012. La FAF, par cette décision, a confirmé que les instituts de l’état produisent des entraîneurs qualifiés qui peuvent être à la tête de deux sélections à la fois. M. Bencheikha a été, les deux dernières saisons, l'entraîneur de la formation tunisienne, le Club Africain avec lequel il a décroché la saison passée le titre du Champion de Tunisie. Il faut le souligner, Benchikha, diplômé de l’ISTS et ancien joueur amateur, a pu démontrer la compétence de l’entraîneur algérien quand les conditions de travail sont réunies. Cet entraîneur n’a eu droit à son nouveau statut d’entraîneur hautement qualifié, que grâce à ses résultats obtenus à l’étranger. Pourtant il avait longtemps travaillé dans son pays, mais…dans l’ombre. On ne lui avait jamais donné l’occasion de prouver ses compétences. Ce cas est une autre preuve tangible de ce que peuvent être les entraîneurs formés dans nos instituts. Cet événement survient au moment même où les instances en charge du football national ne reconnaissent pas la valeur de centaines d’entraîneurs, qui ont fréquenté le même institut que M Benchikha. Ces coachs, malheureux, n’arrivent pas à s’exprimer face à des présidents, qui excellent plus dans le commerce ou le trabendisme, mais surtout pas en tant que gestionnaires. Autre obstacle : une Fédération qui ne reconnaît pas leur statut, ni leur vraie valeur. Pire, la FAF, à travers de nouvelles mesures, tend à discréditer et décrédibiliser les qualifications et les diplômes de ces entraîneurs.
Faut-il donc que nos cadres-entraîneurs quittent leur pays, et fassent profiter les nations étrangères des fruits de leur formation, alors que le football algérien en a besoin ? Les sommes investies par l’Algérie pour former ces entraîneurs, doivent-elles être au bénéfice du football tunisien, marocain ou autres ? La fuite des cerveaux, qui est toujours un sujet d’actualité des médias, des institutions et de l’Etat, a produit une situation de manque de compétence dans différents secteurs. Il est vrai, que l’on a tendance à dire que nul n’est prophète dans son pays…
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